Huyana Potosi

Une expérience inoubliable !!

J 0 : Nous retrouvons Sylvain et Sarah et nous nous mettons en quête de LA bonne agence afin de nous organiser l’ascension. Ils en ont déjà repéré une pas mal mais la plus chère, nous allons voir ce que les autres proposent. Et là, c’est un peu tout et n’importe quoi. Quand on demande la météo pour la date souhaitée, on nous répond : « ne vous inquiétez pas, il fait beau à cette époque « … !

Finalement, on décide de retourner voir l’agence vue par Sarah et Sylvain la veille. Elle est tenue pas un soit disant médecin un peu original, qui nous explique le déroulé de l’ascension, la météo les jours à venir et nous questionne un peu sur notre condition physique… Malgré tout, c’est lui qui a l’air le plus sérieux…

On signe avec lui pour un départ le lendemain.

Afin de fêter notre choix, nous décidons d’aller tous ensemble manger au marché local de La Paz. Au menu, entrée de crudité et un plat principal typique ; banane rôtie, riz et viande. Suivi d’un bon jus frais pressé ! Le tout excellent !

J 1 : c’est le jour du départ. La nuit à été pas trop mal pour nous, quoique pas beaucoup dormi et un peu mal au ventre… On allume le téléphone et on lit un message de Sarah qui nous demande comment nous allons. On apprendra alors que Sylvain a passé la nuit sur le trône dans un état peu réjouissant… Bref, on se retrouve tous les quatre à 9h devant l’agence, une bouteille de coca à la main, dans un état pas des plus dynamique ! La première épreuve de la journée à été de monter la petite côté jusqu’à l’agence…

On retrouve enfin notre guide, Edouardo, 60 bolivianos (60 ans), qui nous accompagnera pendant les trois jours. Il gagne notre confiance de suite, c’est un chevronné et à déjà gravi un nombre incalculable de fois le Huayna Potosi depuis plus de 40 ans.

Après quelques mots échangés ensemble et avec le médecin, nous embarquons dans le minibus direction la salle des équipements. On découvre alors une salle remplie de vieilleries empilées par terre. On se croirait la veille de la fermeture de SFL au moment de choisir son plus beau déguisement old school… Chacun se munie de crampons, guêtres, chaussures, piolet, pantalon, polaire, veste, gants et casque. Plus un vieux duvet qui perd ses plumes pour nous deux qui n’en sommes pas équipés. On resaute dans le minibus direction le premier refuge à 4750m. Premier arrêt sur ordre du médecin à la pharmacie pour acheter de la poudre hydratante pour Sylvain. Second arrêt un peu plus loin à cause de la gendarmerie, le chauffeur n’a à priori pas son permis, c’est le médecin qui prend le volant. Puis non, le chauffeur reprend finalement le volant, on a pas trop compris… Troisième arrêt devant un petite boutique pour acheter une tôle. Quatrième arrêt au milieu de nulle part pour ramasser du bois pour faire un feu au refuge. Le cinquième et dernier arrêt sera au refuge, enfin !!!

En descendant, du bus, on croisera une bande de jeunes qui reviennent du sommet, avec des têtes de zombies, qui font des pauses toutes les deux marches d’escaliers : le ton est donné…

On s’installe dans le refuge, nous serons que nous 4, on mange le bon petit plat preparé par notre cuisinière Lili. L’après-midi sera consacrée au test des crampons et piolets sur le glacier à environ 1h de marche du refuge, un petit calvaire pour nous mais surtout pour Sylvain, qui n’est pas au mieux…

On redescend au refuge en fin d’après midi. Le froid est saisissant, on garde volontiers nos vestes. Puis on mange l’excellent gratin de quinoa toujours avec la petite soupe en entrée. A la fin du repas nous aurons droit à un petit feu, où nous passererons un bon moment à discuter tous les 6 avec notre guide et la cuisinière. La cuisinière étant très amusée par les questions de Sylvain ! 21h : au lit.

J 2 : La nuit aura été plutôt bonne même si nos estomacs ne sont pas au mieux, mais il y a eu pire… Très bon petit déjeuner à 8h. La matinée sera consacrée à faire sécher au soleil les vêtements de la veille et préparer son sac pour la montée au second refuge dans l’après-midi. Le second et dernier refuge est situé à environ 3h de marche, à 5325m d’altitude. On mange aux alentours de 11h, le départ est donné à midi et demi. Pour monter au refuge, pas besoin d’équipements spéciaux. Nos sacs sont donc chargés de tout le matériel, d’eau et d’un peu de nourriture et sont donc bien lourds…

On arrivera au refuge en 2h30. Notre forme du jour est bien meilleure pour nous 4. Le refuge est un espèce de petit dôme en tôle, au pied du glacier. Petit maté de coca à base de neige fondue pour se réchauffer, puis s’en suive les instructions et le déroulement de la suite des événements : dîner léger vers 18h puis tout le monde couché. Le réveil étant prévu à minuit et demi pour un départ à 1h30 de nuit. Le but étant d’atteindre le sommet pour le lever du soleil.

Jusqu’à là tout va à peu près bien pour tout le monde puis s’en vient le dîner à 18h. D’abord petite soupe puis le guide nous propose des nouilles au poulet avec pseudo saucisses de Strasbourg que nous acceptons. Fin du repas 18h30, il est temps d’aller se coucher. Max en premier avec un bon mal de tête… Puis Sylvain. S’en suive Elo, avec un mal de tête dès la position couchée adoptée et Sarah.

Tout le monde peine à trouver le sommeil, il fait assez froid et l’altitude nous travaille aussi un peu… Sauf Sarah qui semble apprécier sa nuit et ronfle paisiblement… Au beau milieu de la nuit, vers 20h, Sarah se réveille en soupirant : « pfffff… j’arrive pas à dormir… » ! Nous en profiterons pour faire une pause pipi (ou autre…) depuis le palier de la porte du refuge. (Il neige et il commence à faire bien froid). Puis tout le monde retourne dans son duvet, le mal de tête toujours bien présent pour Max et Elo et maintenant pour Sarah aussi… Nous n’aurons jamais autant trouvé le temps long.

J 3 : minuit et demi, c’est l’heure du réveil, plutôt l’heure de sortir de son duvet puisque personne ne dort… Nous avons maintenant 30 minutes pour nous équiper, puis 30 minutes pour essayer de déjeuner. Déjeuner à base de maté de coca, qui est censé être bon contre les maux de l’altitude. Seul Max parviendra timidement à avaler une tartine de confiture. Ce n’est pas la forme pour l’ensemble de la troupe. Mal à la tête pour les uns, envie de vomir et petite fouire pour les autres… Si on avait ouvert une séance de paris ce matin là, pas grand monde aurait misé de l’argent sur nous pour la réussite de l’ascension… Néanmoins, vers 2h, on chausse les crampons, frontale sur la tête et on s’encorde. Une cordée composée de Esteban (un second guide), Sarah et Sylvain et l’autre composée de Edouardo, Elo et Max.

Malgré la nuit, il ne fait pas si froid tant que l’on marche. On sent quand même bien l’altitude, on chemine tout doucement, un pas après l’autre.

Au bout d’une petite demi heure, on entend Sarah : « Es possible una parada para popo ? » Nous nous arrêtons puis Sarah demande si elle peut détacher sa corde qui la relie à environ 2m50 du guide. Le guide répond par la négative… Tout le monde éteint ses frontales, attend quelques instant et puis c’est reparti. Sarah demandera 3 fois un arrêt obligatoire ! Pour les autres le mal de tête est passé et ce sera au tour de Sylvain de se sentir mal. Cela durera ainsi pendant environ 5h. La montée n’est pas très compliquée techniquement. Seule la crête finale nous fera réfléchir un peu étant donné le vertige d’Elo. Le guide propose aux 2 filles de redescendre les sentant un peu fatiguées et cela à quelques mètres de l’arrivée, les privant du sommet. Ni l’une, ni l’autre ne veux abandonner et nous repartons.

Nous arriverons finalement tous les 4 au sommet du Huayna Potosi vers 7h pour assister au lever du soleil et à la vue magnifique sur tous les paysages environnants… Nous n’avions pas encore eu l’occasion de voir quelque chose de tel avec les lumières du matin.

Juste le temps de faire quelques photos, donner quelques goutes de bière à la Pachamama et aux guides, puis il faut déjà redescendre car du monde arrive et il ne faut pas que le soleil ne chauffe trop la glace. On refait tout dans l’autre sens mais de jour cette fois-ci. La crête est vraiment impressionnante et on découvre aussi quelques belles crevasses qui ne nous avaient pas trop marquées à la montée.

La descente est longue et fatiguante. On arrive au refuge deux heures après, il faut tout plier et ranger dans le sac et repartir pour descendre jusqu’au premier refuge. On arrivera en bas à 4750m vers 10h30 avant de restituer tout le matériel et ranger à nouveau nos sacs. On mangera un dernier petit repas au refuge avant de reprendre le minibus en direction de La Paz.

Finalement, tout le monde est bien épuisé mais aussi bien content d’avoir atteint le sommet. Sauf Sylvain qui est un peu « au bout de sa vie… » Ha les jeunes…

On repassera poser le matériel dans le même bâtiment où nous attend fièrement le médecin, qui nous demande comment cela s’est passé. On lui dira que mis à part le matériel un peu désuet, tout bien. Ce qui n’est pas de son avis…

On rentre dans nos hôtels respectifs à La Paz pour profiter d’une bonne nuit de sommeil.

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